La Liberté

Ehammer: «J’ai atteint mon objectif»

Le Suisse a décroché une médaille de bronze au saut en longueur lors des mondiaux à Eugene

Hans Leuenbergegr

Publié le 18.07.2022

Temps de lecture estimé : 6 minutes

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Mondiaux » Simon Ehammer s’est paré de bronze dans le concours de la longueur des mondiaux d’Eugene, grâce à un meilleur saut mesuré à 8m16. L’Appenzellois de 22 ans, vice-champion du monde en salle de l’heptathlon en mars dernier, offre à la Suisse la neuvième médaille de son histoire dans des championnats du monde en plein air.

Meilleur performeur mondial de l’année dans la discipline avec les 8m45 réalisés dans le cadre de son décathlon à Götzis, Simon Ehammer a sauté à 8m16 dès son deuxième essai. Il s’en est fallu de très peu pour que le bronze lui échappe: quatrième, le Cubain Maykel Masso a réussi… 8m15. Le titre est revenu au Chinois Wang Jianan, qui a arraché l’or au sixième essai en se posant à 8m36. Champion olympique en titre et grand favori de l’épreuve, le Grec Miltiadis Tentoglou doit se contenter de l’argent avec 8m32. Il fut pourtant de loin le plus régulier, avec cinq sauts mesurés entre 8m20 et 8m32. Après sa médaille de bronze aux mondiaux, Simon Ehammer avait de quoi se montrer satisfait, même s’il reste toujours aussi perfectionniste. Interview.

Comment se sent-on dans la peau d’un médaillé de bronze à la longueur aux championnats du monde?

Simon Ehammer: Dans des championnats du monde, seules comptent les première, deuxième et troisième places. Avec cette médaille, j’ai donc atteint mon objectif. Même si je ne suis pas pleinement satisfait de ma performance avec ce saut à 8,16 m.

Mais pour un spécialiste des disciplines multiples, remporter une médaille au concours de la longueur doit vous combler presque au-delà de vos espérances?

Oui. Je voulais cette médaille, bien sûr. Mais je voulais aussi prouver qu’un décathlonien pouvait rivaliser avec les meilleurs sauteurs du monde. Le décathlon demeure ma passion. Je sais aussi que je possède de grandes qualités dans cette discipline de la longueur. Notamment celle de sauter toujours à plus de 8 mètres.

Cette médaille ne va-t-elle pas toutefois vous «obliger» à disputer toujours la longueur dans les grands rendez-vous?

Le but est de concilier le décathlon et la longueur. Je disputerai les deux concours l’an prochain aux championnats du monde de Budapest. J’espère que les organisateurs feront un geste à mon égard avec une programmation qui ne m’empêchera pas de m’aligner sur ces deux épreuves.

Dans l’immédiat, vous ne vous alignerez que sur le décathlon dans trois semaines aux championnats d’Europe de Munich. Avec quelle ambition?

Je vise les 8500 points. Cela devrait suffire pour le titre. Mais je ne sais pas dans quel état de forme je vais aborder ces championnats d’Europe.

Ce concours d’Eugene n’a pas été de tout repos avec le sixième essai de Wang Jianan à 8,32 m qui vous a relégué à la troisième place alors que trois athlètes devaient encore sauter. Comment avez-vous vécu cette attente?

Ce ne fut pas facile. Je dois avouer que j’ai poussé un gros ouf de soulagement après le passage du dernier sauteur.

Quel regard portez-vous sur votre concours?

Mes quatrième et cinquième essais n’ont pas été valables pour pas grand-chose. J’étais, sur ces deux sauts, au-delà des 8,20 m. S’ils avaient pu être mesurés, j’aurais envoyé un message à mes concurrents: «Eh! les gars, je suis encore bien là.» Mais je me dis aussi que je gagne le bronze pour un centimètre seulement. Maintenant, j’ai un voyage retour qui va durer 40 heures. Je vais avoir tout le temps de tirer les leçons de ce concours avec mon entraîneur. ats


Une Dernière médaille pour allyson Felix

Et de 19 pour Allyson Felix! L’Américiane a fait ses adieux à la piste avec une 19e et dernière médaille remportée dans des mondiaux. A 36 ans et après 20 ans de carrière, Allyson Felix compte 13 médailles d’or parmi ses 19 récompenses mondiales, plus 11 médailles olympiques, dont sept titres, d’Athènes en 2004 à Tokyo l’été dernier. La sprinteuse californienne a obtenu la dernière, en bronze, avec le relais 4 x 400 m mixte américain, devancé par la République dominicaine et les Pays-Bas (3’09’’90) en finale. Pour son dernier tour de piste, l’Américaine, lancée en tête en position de deuxième relayeuse, a été portée par une ovation du public du Hayward Field, qui n’a pas suffi à lui permettre de passer le témoin devant. Le stade s’était déjà largement vidé quand elle a reçu sa médaille quelques minutes plus tard.

Icône du sprint dont la foulée incomparable, ample et fluide, a fait la réputation, Allyson Felix a pris une autre dimension dans la dernière partie de sa carrière, après avoir donné naissance à sa fille Camryn fin 2018: quand Nike, son équipementier de longue date, a eu l’intention de réduire ses émoluments de 70%, elle a pris la parole publiquement pour dénoncer la politique du géant de l’industrie du sport mondial envers les sportives enceintes. ats


Le rêve américain de Fred Kerley

Le Texan, âgé de 27 ans, a été sacré champion du monde du 100 m.

Un père en prison quand il était bébé, un placement chez sa tante: Fred Kerley a surmonté bien des obstacles dans son enfance avant d’atteindre son rêve américain, en devenant champion du monde du 100 m sur ses terres à Eugene. Comme de nombreux autres athlètes, le Texan de 27 ans, a la peau constellée de tatouages. Mais l’un d’entre eux, «Meme», a sans doute plus de valeur que d’autres, c’est le surnom de sa tante Virginia, aujourd’hui âgée de 66 ans, qu’il a fait graver sur son bras «pour qu’elle soit toujours avec moi».

Kerley n’avait que deux ans, quand il est allé vivre chez elle avec ses quatre frères et sœurs, alors que son père était en prison. «Je pense à elle tous les jours, parce que sans elle, je ne serais pas en train de vous parler maintenant, a-t-il déclaré après son titre. Elle a sacrifié sa vie pour moi, mes frères, mes sœurs et mes cousins. On a tous été adoptés par notre tante, on était 13. On avait une chambre, on dormait tous les 13 dedans. Et il y avait 26 enfants à la maison. C’est incroyable de réussir quelque chose que peu de gens dans ma position ont réussi.» ats

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