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Historique un peu, symbolique surtout...

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Publié le 28.09.2021

Pierre-André Sieber

Édito

Baisse historique ou symbolique ? La surprise est plutôt bonne. La prime moyenne de l’assurance obligatoire des soins baissera de 0,2 % en 2022 en Suisse. On rêve ou du moins, on s’étonne. En 13 ans, c’est la première fois qu’on ne nous assène pas une énième hausse. Le ministre de la santé Alain Berset en personne s’est fait le messager de cette «très bonne nouvelle pour la population suisse». En pleine période de tensions liées à la pandémie, il est vrai qu’elle tombe politiquement à pic.
 
Faut-il toutefois se réjouir des quelque dizaines de centimes économisées sur des primes mensuelles très élevées qui ont doublé en 20 ans? Le mécanisme de fixation de ces montants, véritables charges liées pour les ménages, et leur validation par l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), restent flous. L’amoncellement des excédents de primes encaissées par les assureurs également. Depuis 2017, il atteint 3 milliards de francs. Or la rétrocession du trop-perçu ne s’élève qu’à 380 millions de francs.
 
Pour dépasser le symbole, il faudrait une réforme qui évite de surévaluer les primes et de devoir après rétrocéder de l’argent. Faudrait-il payer sa caisse-maladie par acomptes comme on le fait avec les impôts et régler ce qui a réellement été dépensé durant une année ? Les réserves des assureurs forment une bosse sous le matelas de plus en plus importante pour atteindre 12 milliards de francs au total. Pourraient-ils y puiser davantage encore ? Sans doute, mais cet abaissement de primes par perfusion successive ne guérirait pas un système très souffrant.
 
Le salut viendra-t-il du plafonnement des primes à 10 % du revenu disponible des ménages comme voulu par l’initiative socialiste déposée en janvier 2020 ? Le remède socialiste comporte aussi ses effets secondaires. Prévoyant une clé de répartition en matière de financement des subsides, la réduction des primes doit être soutenue pour deux tiers par la Confédération et le solde par les cantons, soit une ardoise annuelle de 4 milliards de francs. Cette initiative ne propose aucune stratégie pour endiguer la hausse des prix des soins et des médicaments. Rien n’est prévu pour le financement uniforme des prestations ambulatoires et stationnaires. Le prix de référence pour les génériques, des économies sur les tests en laboratoire et l'introduction de forfaits dans le domaine des soins ambulatoires restent dans les limbes. Elaborer un vrai antidote à la hausse des coûts serait, sans rabais sur les mots, une nouvelle historique.

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