La Liberté

Décidément, rien ne change…

Publié le 25.01.2022

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Une histoire vieille de cinquante-trois ans: première grossesse joyeuse, interruption des mouvements du fœtus à trois semaines de l’accouchement, échographie au CHUV, défilé d’étudiants pour «voir» l’accident par voies naturelles pendant qu’un docte professeur discourt sur la présence ou non de souffrance fœtale ante-mortem.

Cellule psychologique: «Vous êtes jeune, le moule n’est pas cassé, vous en aurez d’autres.» Décharge à signer avec le père pour refus d’attendre trois semaines le terme naturel, retour au vénérable et disparu Hôpital Monney, provocation, délivrance.

Une fille aînée morte née, sans nom, sans sépulture, un corps escamoté comme un déchet hospitalier, pas une ligne sur le livret de famille…

Et cinquante-trois ans plus tard, on insiste toujours auprès des femmes pour qu’elles portent leur enfant mort, de quelques semaines ou de plusieurs mois, jusqu’au terme «naturel» des choses, Covid oblige (lire «Porter la mort, c’est très difficile» dans La Liberté du 19 janvier dernier)? Personne d’autre que ces femmes ne connaît le poids du corps et de l’âme d’un enfant à qui on ne donnera pas la vie et qui restera présent sans avoir existé.

Marie-Claire Dewarrat, Châtel-Saint-Denis

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