La Liberté

22.10.2021

Tentative de féminicide: 4 ans et demi de prison

L'accusé a d'abord tenté d'étrangler la victime (photo symbolique). © KEYSTONE/LUIS BERG
L'accusé a d'abord tenté d'étrangler la victime (photo symbolique). © KEYSTONE/LUIS BERG
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22.10.2021

L'homme qui avait tenté de tuer son ex-compagne à Neuchâtel en juin 2019 a été condamné à 4 ans et demi de prison. Le Tribunel criminel a suivi le réquisitoire du procureur. La défense, qui demandait une peine de 2 ans avec sursis, n'exclut pas de faire appel.

En étranglant sa victime avec intensité et en lui portant deux coups de couteau au thorax, "les risques d'issue mortelle étaient élevés et l'accusé a bel et bien tenté de la tuer", a déclaré vendredi Niels Favre, président du Tribunal criminel. La Cour a toutefois écarté la préméditation, même si le prévenu s'est rendu chez son ex-compagne avec des gants et un couteau.

"La culpabilité du prévenu est lourde", a ajouté Niels Favre. La motivation exacte de l'accusé "n'est pas claire", vu qu'il peine à comprendre et à expliquer ses actes, mais le motif reste futile et égoïste. "Le prévenu a tendance à mentir, à modifier les faits et à ne pas se souvenir de ce qui l'accable, mais de se souvenir de ce qui est en sa faveur".

La Cour a estimé que les excuses et les regrets présentés par le prévenu lors de l'audience n'étaient pas sincères, vu qu'à aucun moment il ne s'est adressé à la victime.

Sauvée par ses voisines

Le Tribunal criminel a ordonné un traitement psychologique ambulatoire. Le prévenu, qui a déjà fait 58 jours de détention préventive, n'a pas été incarcéré de suite, car rien n'indique qu'il va récidiver.

Lors de l'audience, le procureur Nicolas Aubert a rappelé que la victime n'a dû son salut qu'à "l'intervention miraculeuse de voisines et au fait que les coups de couteau ont été arrêtés par les côtes et n'ont pas atteint le coeur". La victime elle-même "s'est sentie mourir".

La veille des faits, la jeune femme, qui ne vivait plus depuis neuf mois avec le prévenu, lui avait annoncé une séparation définitive après des mois d'une relation en dents de scie. Pour la partie plaignante, le prévenu, qui n'arrive pas à gérer ses colères et se place en victime, aurait préféré que sa conjointe meure plutôt qu'elle ne prenne son indépendance.

Après sa détention provisoire, l'accusé a eu une attitude de provocation envers la victime qu'il a rencontrée à la plage pour lui dire qu'il sera "toujours sur ses pas", a ajouté l'avocat de la partie plaignante.

Dans un état second

A la suite de cet épisode, la victime, qui souffre d'un stress post-traumatique et de nombreux problèmes psychiques depuis l'agression, a décidé de quitter la Suisse et de rejoindre sa mère en Suède. La Cour a accordé 10'000 francs de tort moral à la victime, ainsi que le paiement des frais de la procédure et ceux liés à cette affaire.

La partie plaignante demandait 15'000 francs pour tort moral et la défense le reconnaissait pour 5000 francs. Selon l'avocat du prévenu, Claude Nicati, l'accusé n'a jamais eu l'intention de tuer. "Pour des raisons inexplicables, ça a mal tourné".

L'accusé était au bout du rouleau, dans un état second, et voulait "un geste de tendresse". "La victime s'est débattue et la machine s'est emballée", a ajouté l'avocat.

La défense voulait que l'infraction retenue soit les lésions corporelles simples aggravées et avait requis une peine de deux ans, avec sursis. "On n'exclut pas de faire appel", a déclaré Claude Nicati, à Keystone-ATS.

Durant l'audience, l'accusé, domicilié à la Neuveville (BE), a déclaré ne pas arriver à expliquer et à comprendre son geste et n'avoir que des souvenirs flous des faits, même s'il n'a pas eu de "black-out". Le prévenu estime avoir perdu le contrôle. Il a déclaré avoir arrêté son suivi psychiatrique car il "se sentait suffisamment bien avec lui-même et qu'il s'assumait".

ats

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