La Liberté

17.05.2021

La communauté internationale donne un bol d'air financier au Soudan

Le Soudan, riche en ressources pétrolières et minières, croule sous une dette extérieure de 60 milliards de dollars (archives). © KEYSTONE/AP/ANDREW HARNIK
Le Soudan, riche en ressources pétrolières et minières, croule sous une dette extérieure de 60 milliards de dollars (archives). © KEYSTONE/AP/ANDREW HARNIK
Le Soudan, riche en ressources pétrolières et minières, croule sous une dette extérieure de 60 milliards de dollars (archives). © KEYSTONE/AP/ANDREW HARNIK
Le Soudan, riche en ressources pétrolières et minières, croule sous une dette extérieure de 60 milliards de dollars (archives). © KEYSTONE/AP/ANDREW HARNIK
Partager cet article sur:
17.05.2021

Cinq milliards de dollars de dette effacés par la France, 360 millions d'euros par l'Allemagne... La communauté internationale a promis lundi à Paris de soutenir la transition au Soudan, notamment en donnant un bol d'air financier au pays.

Le président français Emmanuel Macron s'est dit en faveur "d'une annulation pure et simple de notre créance envers le Soudan" qui s'élève à "près de 5 milliards de dollars (4,5 milliards de francs)".

Le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas a déclaré de son côté que la République fédérale effacerait 360 millions d'euros de créances bilatérales avec le pays d'Afrique.

Les deux pays vont également aider le Soudan à solder son arriéré de dette avec le Fonds monétaire international - Berlin apportera jusqu'à 90 millions d'euros dans ce but, et Paris prêtera 1,5 milliard de dollars.

Une quinzaine de dirigeants

Une quinzaine de dirigeants d'Etats africains, européens et du Golfe ainsi que des organisations internationales avaient répondu à l'appel du président français à venir au chevet du Soudan, après la révolution qui a chassé du pouvoir Omar al-Bachir en avril 2019.

Emmanuel Macron a ainsi accueilli le président soudanais Abdel Fattah Al-Burhan, ainsi que ses homologues d'Egypte, d'Ethiopie et du Rwanda. Autres invités présents, des dirigeants du FMI, de la Banque Mondiale et de l'Union africaine, des chefs de la diplomatie européens (Italie, Allemagne) et du Golfe (Arabie Saoudite, Koweit), sans oublier des représentants de l'ONU, de l'UE.

"Hourriya, Salam, Adalah", Liberté, Paix, justice. "Trois mots qu'ont scandés les acteurs de la révolution soudanaise", a déclaré le président français en ouvrant le sommet.

Révolution "post-islamiste"

"Votre révolution est aussi singulière parce qu'elle est post-islamiste, parce qu'elle a mis fin pour la première fois dans toute la région à un régime utilisant l'arme de l'islam politique pour couvrir ses errements et pour diviser son peuple", a-t-il ainsi estimé.

"Il importe, pour tendre vers cet horizon, que les accords de paix soient mis en oeuvre au plus vite par toutes les parties", a-t-il dit. Il a appelé les dirigeants du Soudan à poursuivre leurs "réformes économiques courageuses".

"C'est au Soudan maintenant et à la communauté internationale de montrer que le nouveau Soudan est une opportunité pour les investisseurs et non plus un cas désespéré. L'ONU est prête à apporter son soutien", a tweeté Volker Perthes, l'envoyé spécial pour le Soudan.

Exemple de transition

"La France a été un des premiers pays à se mobiliser et à soutenir l'expérience de la transition soudanaise" qu'elle considère "comme un exemple de transition démocratique en Afrique", a expliqué à l'AFP une source proche de l'Elysée.

Ce pays riche en ressources pétrolières et minières croule sous une dette extérieure de 60 milliards de dollars. La pandémie de Covid-19 a frappé une économie en récession depuis trois ans, à l'inflation galopante et qui souffre de pénuries graves de biens de première nécessité.

Economiste chevronné, M. Hamdok a déjà apuré la dette avec la Banque mondiale grâce à une aide de 1,15 milliard des Etats-Unis, qui ont retiré en décembre le Soudan de la liste des Etats finançant le terrorisme, mettant ainsi fin aux sanctions économiques qui le maintenaient au ban de la communauté internationale.

Et Khartoum a annoncé début mai avoir obtenu un prêt de 425 millions de dollars financé par la Suède, le Royaume-Uni et l'Irlande pour solder ses arriérés auprès de la Banque africaine de développement (BAD).

La restructuration de la dette, en rétablissant la confiance, pourrait ouvrir la voie à des investissements étrangers dans des secteurs stratégiques comme les infrastructures, l'agriculture, l'énergie, les minéraux ou encore les communications.

ats, afp

Articles les plus lus
Dans la même rubrique
La Liberté - Bd de Pérolles 42 / 1700 Fribourg
Tél: +41 26 426 44 11 / Fax: +41 26 426 44 00