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Kerry: "la Suisse exemple sur le climat et appréciée sur l'Ukraine"

L'émissaire américain John Kerry et le président de la Confédération Ignazio Cassis ont parlé d'Ukraine, de neutralité et de changement climatique en marge du Forum économique mondial (WEF). © KEYSTONE/LAURENT GILLIERON
L'émissaire américain John Kerry et le président de la Confédération Ignazio Cassis ont parlé d'Ukraine, de neutralité et de changement climatique en marge du Forum économique mondial (WEF). © KEYSTONE/LAURENT GILLIERON


Publié le 23.05.2022
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"La Suisse est un exemple" en termes de lutte contre le changement climatique, selon l'émissaire américain John Kerry. Sur l'Ukraine, sa position est "appréciée", a-t-il dit lundi à Davos (GR) après sa rencontre avec le président de la Confédération Ignazio Cassis.

"Nous avons parlé de beaucoup de choses" pendant la demi-heure de cette discussion en marge du Forum économique mondial (WEF), a affirmé l'émissaire du président américain Joe Biden dans un entretien avec Keystone-ATS. La guerre en Ukraine, la neutralité suisse et le changement climatique ont constitué les principales questions abordées.

Il y a quelques mois, lors de la conférence sur le climat (COP26) à Glasgow, M. Kerry avait assisté à la colère de la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga au moment où la Chine et l'Inde ont manoeuvré pour atténuer les efforts sur le charbon dans l'accord. Une attitude que l'émissaire américain dit aujourd'hui saluer.

"Je suis content" que Mme Sommaruga ait eu cette réaction, admet M. Kerry. "Beaucoup d'entre nous partageons" cette frustration, ajoute-t-il. Quelques instants après cette déclaration, l'émissaire chinois Xie Zhenhua, qui a discuté dimanche avec la conseillère fédérale, s'arrête à côté de M. Kerry.

Poing contre poing et accolade pour se saluer chaleureusement, les deux hommes affichent une certaine complicité. "Nous devons nous parler", glisse l'émissaire américain à son homologue, avant de réclamer un peu de discrétion.

Technologies vertes saluées

Les deux hommes avaient surpris il y a quelques mois en annonçant un partenariat pour avancer contre le réchauffement climatique. Ils se retrouveront pendant le WEF dans une discussion commune. "Nous devons redoubler, même multiplier par trois les efforts" en s'appuyant sur les faits et la science, insiste M. Kerry.

Il salue dans la Suisse "un exemple sur toutes sortes de choses" en termes de lutte contre le réchauffement climatique. Et de mentionner les technologies vertes, les initiatives pour réduire les émissions de CO2 ou encore la responsabilité sur les questions de durabilité.

Sur l'Ukraine, M. Kerry ne veut pas outrepasser son mandat et s'exprimer à la place du président Joe Biden. "Nous avons apprécié" la position suisse sur les sanctions contre la Russie, se contente-t-il de dire.

Extension d'une initiative prévue au WEF

De même, il n'en ajoutera pas beaucoup plus sur l'intérêt de la candidature suisse pour un siège non permanent au Conseil de sécurité de l'ONU, dont l'élection aura lieu le 9 juin à New York. Mais un pays avec la "réputation" de la Suisse peut avoir un rôle positif dans l'organe exécutif, affirme-t-il toutefois.

M. Kerry est également venu à Davos pour annoncer mercredi une extension de la coalition d'entreprises, lancée il y a quelques mois dans le cadre du WEF, pour étendre la demande en technologies vertes. Selon les estimations, ce marché va atteindre plus de 50 milliards de dollars (environ 47 milliards de francs) dans la prochaine décennie.

Parmi les participants à l'initiative figure le cimentier zurichois LafargeHolcim. L'augmentation du dispositif mercredi "sera une étape significative", estime aussi l'émissaire américain, sans pouvoir toutefois en dire davantage.

ats

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