La Liberté

22.10.2021

Fin du procès, Benzema fixé sur son sort le 24 novembre

Benzema sera fixé sur son sort le 24 novembre dans l'affaire de la sextape © KEYSTONE/AP/Efrem Lukatsky
Benzema sera fixé sur son sort le 24 novembre dans l'affaire de la sextape © KEYSTONE/AP/Efrem Lukatsky
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22.10.2021

Karim Benzema devra attendre un mois pour savoir si le tribunal le juge coupable de complicité de tentative de chantage.

Le procès de "l'affaire de la sextape" a pris fin vendredi et le jugement a été mis en délibéré au 24 novembre.

Le parquet avait requis jeudi dix mois de prison avec sursis contre Benzema, star du Real Madrid et ex-coéquipier en équipe de France de Mathieu Valbuena, victime présumée d'un chantage autour d'une vidéo intime et dont le "ressenti" a été au centre des plaidoiries des avocats de la défense.

Une "enquête à charge"

L'un des avocats de Benzema, Me Antoine Vey, a critiqué une "enquête à charge" contre son client et demandé sa relaxe. "L'élément intentionnel de l'infraction" reprochée à l'attaquant de 33 ans n'est pas caractérisé, a-t-il martelé.

Le dossier a été construit sur le "ressenti" du plaignant Mathieu Valbuena, a-t-il argué, dénonçant les "hypothèses et les spéculations" avancées par l'accusation. "Il n'est jamais trop tard pour faire du droit, c'est vous le dernier rempart", a demandé au tribunal l'autre avocat de Benzema, Me Sylvain Cormier.

Même argument pour Me Tewfik Bouzenoune, conseil de l'intermédiaire Younes Houass, qui a également regretté que ce soit "le ressenti de la victime qui conditionne les poursuites pénales".

"Cirque médiatico-judiciaire"

De manière générale, tous les avocats de la défense ont stigmatisé un dossier faible, qui ne méritait pas à leurs yeux un tel traitement de la part de l'accusation et un tel écho dans la presse. "On peut se demander ce qui intéresse vraiment les Français dans cette affaire. Le sexe ? L'argent ? Le football ? Pas la chose judiciaire en tout cas", s'est demandé Antoine Vey.

Autre avocat de l'attaquant du Real Madrid, Me Cormier a, lui, tonné contre un "cirque médiatico-judiciaire" au cours duquel "on a infligé à Karim Benzema une sorte de +marche de la honte+ à l'américaine" lors de son passage devant la juge d'instruction en 2015. "Si on est dans l'orthodoxie du droit, la relaxe doit être générale", a assené Me Serge Money, avocat de Mustapha Zouaoui, la "cheville ouvrière" du projet.

Benzema "s'inclut dans cette équipe"

"On n'aurait pas passé autant de temps sur ce dossier s'il n'y avait pas eu Karim Benzema", avait reconnu jeudi lors des réquisitions le procureur Julien Eyraud. A ses côtés, l'autre procureure, Ségolène Marés, avait estimé que les écoutes prouvaient que la star du Real Madrid "s'inclut dans cette équipe et s'associe dans ce projet" de tentative de chantage autour d'une vidéo intime.

En plus des dix mois de prison avec sursis, l'accusation a requis une amende de 75'000 euros contre l'attaquant de l'équipe de France, candidat au Ballon d'or et absent du procès. Contre les quatre autres prévenus de cette affaire, qui gravitent dans le milieu du football et constituent "une vraie brochette de comédiens" selon les mots du procureur Julien Eyraud, le ministère public a requis des peines allant de 18 mois avec sursis à quatre ans de prison.

ats, afp

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