La Liberté

Le Mondial en Suisse est annulé

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23.03.2020

Le championnat du monde prévu en Suisse du 8 au 24 mai n’aura pas lieu. Sera-t-il reporté en 2021?

Groupe A » Le championnat du monde du groupe A prévu à Zurich et à Lausanne du 8 au 24 mai 2020 a été annulé. La fédération internationale (IIHF) a pris cette décision samedi au terme d’une réunion de son conseil exécutif. La pandémie de Covid-19 a eu logiquement raison du championnat du monde. «C’est une dure réalité qui doit être acceptée par la famille du hockey sur glace, souligne le Fribourgeois René Fasel, président de l’IIHF. Le coronavirus est un problème global et requiert des efforts majeurs de la part des gouvernements pour combattre sa propagation. L’IIHF doit faire tout ce qu’elle peut pour soutenir ce combat. Nous devons laisser le sport de côté pour l’instant et soutenir les gouvernements et la famille du hockey sur glace.»

Le secrétaire général du comité d’organisation du championnat du monde, Gian Gilli, est lui aussi très déçu: «C’est terriblement triste. Mais on avait bien évidemment vu venir ce dénouement ces derniers jours. Et nous sommes satisfaits d’avoir de la certitude après des semaines d’incertitude. Nous avons travaillé pendant quatre ans sur cet événement en dépensant beaucoup d’énergie et de passion. Nous aurions été prêts pour cette grande fête du hockey.» Tous les matches de préparation (à Lausanne, Zoug, Lugano, Bolzano et en Lettonie) sont logiquement annulés.

Situation extraordinaire

«Quand tu en as la certitude, c’est très décevant.» Pour le directeur des équipes nationales, Lars Weibel, «cette annulation n’est pas une surprise. Mais c’est un sentiment similaire à une sortie inattendue en play-off alors que tu es le grand favori». «C’est clair qu’il y a un vide, poursuit-il. On a longtemps bossé dessus, on rêvait de ce championnat du monde à domicile, on avait des objectifs. Mais c’est bien, maintenant nous pouvons y voir clair.»

L’ancien gardien de Zoug et Lugano notamment ne pense pas qu’à l’équipe nationale masculine, mais à toutes les équipes qui devaient être engagées ce printemps: «Parce qu’il y a toujours l’histoire d’une ou d’un athlète derrière tout ça et cela peut être décisif dans une carrière. Mais il ne fait aucun doute que la protection de la population est une priorité. Nous prenons acte de la décision et nous la soutenons pleinement. Le sport passe au second plan lorsque tu vois ce qui se passe dans notre pays et dans le reste du monde.»

Le sélectionneur Patrick Fischer partage évidemment ces opinions et soutient la décision de l’IIHF: «Il s’agit d’une situation extraordinaire qui requiert des mesures extraordinaires. En cette période difficile, le sport est secondaire. Pour nous, l’essentiel est que toutes et tous prennent leurs responsabilités pour le bien de la santé de notre population. J’espère que le pays tout entier se montre solidaire et que nous nous aidions mutuellement. Comme dans le hockey sur glace, la solidarité est plus importante que jamais.»

Pas de grandes pertes

L’IIHF explique également qu’elle et le comité d’organisation avaient contracté des assurances contre ce genre de risques. Ils ne devraient donc pas subir de grandes pertes. Le mondial ne sera pas disputé cette année dans un autre pays. L’IIHF va désormais discuter pour trouver une solution pour recaser le championnat du monde en Suisse, mais rien ne dit que ce sera en 2021. Weibel espère de tout son cœur que la Suisse pourra organiser le mondial l’an prochain. Le comité d’organisation pourrait faire du copié-collé à quelques détails près. Mais pour cela, il faut avoir l’aval des autres fédérations puisque les cinq prochaines éditions ont été attribuées. La décision finale tombera lors du prochain conseil de l’IIHF – prévu en mai à Zurich mais logiquement reporté – qui se tiendra une fois que la pandémie de Covid-19 sera de l’histoire ancienne.

L’IIHF doit désormais trouver une solution pour aménager son calendrier des années futures puisque les cinq prochains championnats du monde sont déjà attribués. En 2021, Minsk (BLR) et Riga (LET) seront les hôtes des joutes mondiales avant Tampere et Helsinki en 2022, St-Pétersbourg en 2023, Prague et Ostrava en 2024 et la Suède et le Danemark en 2025. Le directeur des équipes nationales s’est entretenu avec ses homologues d’autres nations pour voir comment ils voyaient la suite. Le double champion de Suisse est clair: «C’est une situation unique pour tout le monde. Nous sommes tous solidaires et nous tenons à nous aider mutuellement. Je vois des signes positifs quant à une solution future.»

René Fasel est favorable à tout repousser d’une année. Tous les organisateurs ont signé un contrat et il apparaît que la fédération suédoise n’est pas très encline à devoir mettre sur pied l’édition 2026. Sans doute par crainte de la collision de dates avec les JO d’hiver en Italie et du manque d’intérêt des stars pour un mondial en année olympique. L’IIHF va annoncer ces prochains jours quelle politique de remboursement des billets sera introduite. Le comité avait vendu plus de 300 000 billets. ats


Trois questions à Kimmo Bellmann

Qu’est-ce qui prédomine: la déception ou le soulagement?

C’est un mélange des deux. Alors que nous arrivions à la phase stressante de l’organisation, le soufflé est retombé soudainement. En temps normal, c’est juste après la compétition. Sauf que là, c’est deux mois avant! Si ce fut un petit choc quand le couperet est tombé, on s’attendait à cette issue devenue inéluctable au vu des circonstances. La sentence était d’ailleurs censée tomber en début de semaine déjà. Ce qui nous frustre particulièrement, c’est que la billetterie fonctionnait bien. Nous avons vendu pas loin de 300 000 tickets alors qu’il fallait en écouler 307 000 pour entrer dans notre budget.

Arrivez-vous à estimer la perte financière? Les détenteurs de billets seront-ils remboursés?

Le budget est géré par le comité central à Zoug, donc je ne suis pas en mesure de répondre. Gian Gilli (le directeur du mondial, ndlr) a cependant expliqué que nous étions couverts par de solides assurances. Concernant les billets, rien n’a été décidé pour l’heure. Reste que ce même Gian Gilli et René Fasel (le président de l’IIHF, ndlr) ont annoncé que le but était de rembourser le public. Une communication aura lieu dès que la situation sera plus claire.

Car tout dépendra de si l’événement est annulé ou reporté à l’année prochaine. Qu’en est-il?

Cette décision appartient à l’IIHF (la Fédération internationale de hockey, ndlr). De notre côté, il est clair que nous aimerions reporter le championnat du monde en Suisse à 2021. Il serait frustrant de voir deux ans de travail s’envoler en fumée. Mais Minsk et Riga (les organisateurs en 2021) sont déjà en plein dedans, avec plusieurs enjeux contractuels à la clé. Accepteront-ils de l’organiser en 2022, une année olympique, ce qui peut drainer moins de bons joueurs que d’habitude? Je ne sais pas. Après, encore faut-il que tous les organisateurs suivants soient d’accord de décaler d’une année. Plus vite ce sera discuté, mieux ce sera. En attendant, nous allons annuler ce qui était prévu pour cette année, des bénévoles aux hôtels en passant par les traiteurs. Le tout en précisant que nous recontacterons peut-être tout le monde prochainement si un terrain d’entente est trouvé pour 2021.

Propos recueillis par Pierre Schouwey

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