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«Etudier Goldorak » pour comprendre les quadras

Pour Ivan Jablonka, il faut étudier Goldorak, mais aussi l’apparition des jeux vidéo comme Pac Man. © WikiCommons
Pour Ivan Jablonka, il faut étudier Goldorak, mais aussi l’apparition des jeux vidéo comme Pac Man. © WikiCommons
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13.01.2021

Sociologie » Dans Un garçon comme vous et moi, Ivan Jablonka se penche sur son enfance, celle des quadras.

«Pour comprendre mon enfance, la nôtre, il faut étudier le script de Goldorak», dit Ivan Jablonka. Dans son dernier livre, cet historien de l’enfance s’attaque à une autre jeunesse: la sienne, et celle des quadragénaires.

Un garçon comme vous et moi est un essai que l’auteur de Laëtitia ou la fin des hommes définit comme une «autobiographie de genre». «Mon point de départ, c’est la construction du garçon en moi: quelle est l’éducation de garçon que j’ai reçue, à la fin du XXe siècle?», explique-t-il à l’AFP.

Lignée familiale, congénères, système scolaire, culture de masse, grands événements: Ivan Jablonka balaie tout ce qui l’a façonné personnellement et qui, au-delà, a imprégné la jeunesse des Français nés comme lui vers le milieu des années 70. En 1973, le concernant.

«Pour comprendre mon enfance, la nôtre, il faut étudier le script de Goldorak, il faut étudier l’apparition de jeux vidéo comme Pac Man ou Space Invaders, ce que j’appelle la démocratisation du porno à travers le célèbre film du samedi soir sur Canal+», dit-il. Avant de préciser: «Mais moi, plutôt que Goldorak, je préférais les séries de filles comme Candy.»

C’est la génération de Zinédine Zidane, Benjamin Biolay, Jamel Debbouze ou encore Emmanuel Macron. Elle s’est éveillée à la politique lors d’une présidence de François Mitterrand qui lui a paru interminable. Dans son enfance, le média de masse archidominant est la télévision. Sa génération a connu les dernières années du service militaire en France. Et elle a pu renouer le contact, une fois adulte, grâce aux moteurs de recherche internet et aux réseaux sociaux naissants.

Ivan Jablonka s’en est largement servi pour contacter d’anciens camarades de classe et retracer leur parcours. Comparé à son parcours, qu’il décrit comme «linéaire», il en a découvert de très différents, de plus cahoteux. Dans un même contexte pourtant.

«J’ai eu le sentiment que je n’avais pas une grande individualité au fond. C’est pour ça que c’est un portrait de groupe, de génération», résume l’historien. «C’est ce que j’ai appris sur moi-même: quand on travaille sur sa jeunesse, sur son parcours, on s’aperçoit qu’on n’est pas unique, on appartient à une génération, et que c’est cette génération qui nous construit, à travers une société, une histoire, des collectifs et un genre.» AFP

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