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Les yeux hypnotiques de Kaa…

Publié le 30.11.2022

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Lorsqu’il entre à l’école, le Petit d’Homme n’a guère plus que 4 ans. La séparation d’avec ses parents est encore difficile, se changer au vestiaire tient de l’exploit sportif, sans parler de la tenue du crayon. S’il y a, en revanche, une chose que beaucoup de nos Petits d’Homme maîtrisent déjà parfaitement, ce sont les écrans. A peine sec derrière ses esgourdes, le Petit d’Homme scrolle, swipe et clique avec un aplomb proprement sidérant.

Beaucoup, en revanche, peinent à écouter une histoire, à croiser le regard, à tenir un crayon. Et sans diaboliser l’outil informatique, je crois qu’il serait faux de le voir comme un moyen «d’intégration» (lire dans LL du 17.11 l’interview de la conseillère d’Etat Sylvie Bonvin-Sansonnens sur l’ordinateur à l’école). Comme les yeux de Kaa, l’écran sous toutes ses formes fascine et hypnotise l’enfant. Asseyez-le devant un iPad et le niveau sonore dans la classe baissera instantanément.

Comme nombre de mes collègues, j’observe un appauvrissement graduel de certaines compétences chez l’enfant. Pour certains, l’écran se substitue aux histoires du soir, aux promenades en forêt, aux premiers coloriages.

Devant ce constat, je confesse un certain scepticisme face à la «stratégie numérique» du canton. Certes, il y a du bon dans l’outil informatique. Hélas, le travail de l’enseignante consiste bien plus, aujourd’hui, à lutter contre l’effet néfaste des écrans.

Croiser le regard, réinvestir la main, tartiner de colle un bricolage approximatif, valoriser l’écoute, la collaboration, mobiliser le corps dans sa globalité: autant de croisades pour détourner nos futurs Petits d’Homme de la fascination malsaine des écrans…

Annick Appetito, enseignante enfantine, Bulle

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