La Liberté

04.05.2020

Vaccin, économie: Trump, en mode campagne, martèle son optimisme

Donald Trump était interviewé sur Fox News dans le cadre d'une émission spéciale. © KEYSTONE/AP/Evan Vucci
Donald Trump était interviewé sur Fox News dans le cadre d'une émission spéciale. © KEYSTONE/AP/Evan Vucci
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04.05.2020

Adoptant une tonalité résolument optimiste, Donald Trump a prédit dimanche un vaccin contre le coronavirus d'ici fin 2020. Sur le plan économique, il prévoit une 2021 "incroyable".

A six mois de l'élection présidentielle, le président américain, dont le manque d'empathie est très critiqué, ne s'est pas attardé sur le bilan de la pandémie qui a fait plus 67'600 morts aux Etats-Unis et qui a fait bondir les inscriptions au chômage à des niveaux inédits.

Assis à côté de l'imposante statue d'Abraham Lincoln, au sein du Memorial dédié au très populaire 16e président de l'histoire américaine, il a défendu avec force tous ses choix, refusant toute autocritique sur ses atermoiements initiaux.

Un vaccin d'ici la fin de l'année

"Je pense que nous avons sauvé des millions de vies", a lancé l'hôte de la Maison Blanche lors cet échange (virtuel) avec des Américains retransmis en direct sur Fox News et baptisé "L'Amérique ensemble: retourner au travail".

L'ancien magnat de l'immobilier s'est aussi montré très optimiste sur les recherches en cours sur le Covid-19. "Nous pensons que nous aurons un vaccin d'ici la fin de cette année", a-t-il lancé lors de cette émission spéciale, sur le National Mall de Washington. "Les médecins vont dire: vous ne devriez pas dire cela. Je dis ce que je pense", a-t-il ajouté.

Quelle serait sa réaction si un pays découvrait un vaccin avant les Etats-Unis? "Cela m'est égal", a-t-il répondu. "Je veux juste avoir un vaccin qui fonctionne".

Une centaine de projets de vaccin contre le Covid-19 sont actuellement développés à travers le monde, dont une dizaine en phase d'essais cliniques.

"C'était un grand homme"

Martelant sa volonté de permettre aux activités du pays de reprendre de manière prudente mais "aussi rapidement que possible", le président américain s'est montré optimiste sur les perspectives économiques.

Interrogé sur la mise en scène de cet entretien, critiqué par certains élus, M. Trump s'est dit ravi de l'initiative. "Nous n'avons jamais eu un cadre aussi magnifique", a-t-il déclaré, tout sourire. "Au-delà du fait que c'était un grand homme, c'est une oeuvre d'art magnifique", a-t-il insisté, évoquant le monument érigé en l'honneur d'Abraham Lincoln, assassiné le 15 avril 1865.

Le ton adopté par le 45e président des Etats-Unis depuis le début de cette crise sanitaire sans précédent suscite des réserves jusque dans son propre camp. Son prédécesseur républicain George W. Bush a lancé samedi dans une vidéo un appel à l'unité et à la compassion qui, sans nommer le milliardaire, lui semblait clairement destiné.

"Souvenons-nous combien nos différences sont minimes face à cette menace", a déclaré M. Bush. "Souvenons-nous que l'empathie et la gentillesse sont des outils essentiels et puissants".

"Presse hostile"

Interrogé par une Américaine sur les raisons pour lesquelles il refusait obstinément d'adopter une posture plus présidentielle, le milliardaire républicain a affirmé que c'était le résultat de l'attitude des médias.

Dénonçant une "presse hostile" et un "niveau de colère et de haine" sans précédent, il s'est dit "plus mal traité" par les journalistes qu'Abraham Lincoln.

Peu intéressé par l'histoire, Donald Trump évoque rarement ceux qui l'ont précédé à la Maison Blanche. Lincoln fait cependant exception. En campagne, comme depuis son arrivée au pouvoir, il n'a cessé de louer ses qualités, souvent pour se comparer à lui de manière avantageuse.

Retweetant samedi un message d'un des partisans enthousiastes assurant qu'il avait fait "plus pour les Noirs que tous les présidents réunis", Donald Trump a ajouté: "C'est vrai", tout en soulignant que Lincoln n'était "pas mal" non plus.

Ce rendez-vous avec Fox News n'est que le début. Donald Trump doit s'envoler mardi pour Phoenix, en Arizona, où il doit visiter une usine de fabrication d'équipements médicaux. Un déplacement dans l'Ohio est également prévu.

"Tout le monde veut des meetings de campagne", a-t-il souligné dimanche soir. "Mais nous ne pouvons pas organiser un meeting dans un stade vide!", a-t-il ajouté, disant son espoir de pouvoir en organiser dans les deux ou trois mois précédant l'élection présidentielle du 3 novembre.

ats, afp

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