La Liberté

17.01.2021

Appel à la réconciliation 20 ans après l'assassinat de Kabila

L'archevêque de Kinshasa a appelé à la réconciliation entre le président Felix Tshisekedi (gauche) et le fils de l'ancien chef d'Etat assassiné, Joseph Kabila (archives). © KEYSTONE/AP/JEROME DELAY
L'archevêque de Kinshasa a appelé à la réconciliation entre le président Felix Tshisekedi (gauche) et le fils de l'ancien chef d'Etat assassiné, Joseph Kabila (archives). © KEYSTONE/AP/JEROME DELAY
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17.01.2021

La République démocratique du Congo a commémoré samedi les 20 ans de l'assassinat du président Laurent-Désiré Kabila. Dans ce pays consommé par une longue crise politique, l'archevêque de Kinshasa a lancé un appel à "la réconciliation".

Chef rebelle tombeur du maréchal Mobutu Sese Seko en mai 1997, Laurent-Désiré Kabila a été assassiné le 16 janvier 2001 dans son bureau par l'un de ses gardes du corps, tué sur le champ par un aide de camp du chef de l'État, le colonel Eddy Kapend.

A Lubumbashi (Haut-Katanga, sud-est), un rassemblement a eu lieu samedi devant un buste du "M'zee", qui signifie "Vieux sage" en swahili. Des militants du PPRD, le parti de Joseph Kabila - fils du président assassiné - sont venus en nombre; à la tribune figurait notamment l'ancien ministre de l'Intérieur et numéro un du PPRD, Emmanuel Ramazani Shadary.

Joseph Kabila n'était quant à lui pas présent. Il s'est replié dans son fief de Lubumbashi quelques jours après que le président Tshisekedi a décidé de mettre fin unilatéralement à leur coalition au pouvoir, le 6 décembre dernier, provoquant une crise politique.

"Source de déchirement"

Parallèlement, à Kinshasa, une célébration solennelle s'est déroulée dans la cathédrale. Le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de la capitale congolaise, a appelé "à la réconciliation et au pardon", quelques jours après la libération des assassins du président, graciés par l'actuel chef de l'État.

Des centaines de personnes se sont réunies à la cathédrale catholique afin de "prier pour le repos de l'âme de Laurent-Désiré Kabila, pour sa famille, pour la nation congolaise toute entière qu'il a aimée et servie jusqu'à sa mort", a déclaré le prélat.

L'assassinat de Laurent-Désiré Kabila "a été une source de déchirement pour sa famille (...) et pour la nation congolaise toute entière (...) ça été un moment de déchirement et d'incertitude", a rappelé l'archevêque de Kinshasa dans son homélie.

Dans ce contexte, il était "normal d'établir les responsabilités et d'appliquer la justice vis-à-vis des coupables", a-t-il ajouté en présence d'Olive Lembe, épouse de l'ex-président Joseph Kabila, fils du président assassiné auquel il avait succédé.

L'après-midi, le président Félix Tshisekedi a déposé une gerbe de fleurs au mausolée de l'ancien président, en présence des membres de sa famille et des centaines de personnes venues rendre hommage à "M'zee Kabila".

Mesure de grâce

Les circonstances exactes de cet assassinat n'ont jamais été élucidées. En 2001, la RDC était déstabilisée par des rébellions soutenues par des pays voisins (Rwanda et Ouganda) qui avaient déployé leurs armées régulières sur le territoire congolais.

De son côté Kinshasa avait appelé à la rescousse de l'armée congolaise, en pleine restructuration, des armées du Zimbabwe, de la Namibie et de l'Angola.

En janvier 2003, 39 personnes ont été condamnées à mort pour l'assassinat du "Mzee", dont le colonel Kapend. Il lui était reproché, comme chef de la sécurité du président, de n'avoir pas joué son rôle.

A la clôture du procès, le tribunal militaire avait conclu qu'il fallait "continuer les enquêtes" sur cette affaire, semant le doute sur la culpabilité des condamnés.

Cette même année, un moratoire sur la peine de mort a été décrété.

Le 31 décembre dernier, le président Félix Tshisekedi a gracié les 23 condamnés emprisonnés et encore en vie, lesquels ont été libérés quelques jours plus tard. Interrogés à leur sortie de prison, certains ont plaidé pour la réouverture du procès, afin d'être innocentés et réhabilités.

Mgr Ambongo a "remercié" le président Tshisekedi "pour la mesure de grâce qu'il vient de leur accorder", assurant qu'il l'avait "fait en accord avec la famille de l'illustre disparu". Ce "geste hautement significatif ouvre la possibilité d'envisager autrement l'avenir".

ats, afp

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