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Fribourg: 200 personnes manifestent pour le droit à l'avortement

A Fribourg, un rassemblement solidaire a réuni quelque 200 personnes ce mardipour rappeler l’importance du droit à l’avortement.

Les participants ont brandis des cintres de leurs mains rougies pour symboliser les dangers liés aux avortements effectués dans la clandestinité. © Charly Rappo
Les participants ont brandis des cintres de leurs mains rougies pour symboliser les dangers liés aux avortements effectués dans la clandestinité. © Charly Rappo

CB

Publié le 28.06.2022
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C’est en brandissant leurs cintres, comme autant de poings levés, que les participants au rassemblement organisé à Fribourg, place Georges-Python ont signifié leur soutien au droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Ils étaient quelque 200 manifestants à s’être rassemblés à l’initiative du collectif Grève féministe Fribourg.

La décision historique prise vendredi par la Cour suprême des Etats-Unis de mettre fin au droit à l’avortement sur le plan fédéral est venue rappeler qu’en Suisse comme ailleurs, l’IVG fait débat.

Deux initiatives en vue

«C’est avec rage et colère que j’ai appris la décision de la Cour suprême. Je ne pensais pas devoir continuer à me battre pour le droit à l’IVG. Chaque personne dotée d’un utérus doit être libre de décider pour son propre corps», sousligne Camille Habets, membre du collectif fribourgeois de la grève féministe. «J’ai peur que cela puisse se passer en Suisse également», déclare Julie, étudiante en médecine à l’Université de Fribourg qui dit craindre les initiatives lancées en 2021 par les anti-IVG et soutenues par des élus UDC. 
Pour rappel, depuis 2002, les Suissesses peuvent recourir à une IVG, durant les douze premières semaines de la grossesse.  Le remboursement des coûts est pris en charge par les assurances maladie. 

Lancées fin  2021, deux initiatives des forces anti-IVG veulent toutefois réduire le nombre d’interruptions de grossesse. L’une d’elles, intitulée «La nuit porte conseil», veut introduire un jour de réflexion pour la femme avant de prendre sa décision. Un délai qui servirait notamment à «protéger les femmes contre les avortements décidés sous l’effet de la pression et du stress», selon les initiants.  Le deuxième texte, «Sauver les bébés viables» veut abroger les interruptions tardives de grossesse, dès la 22ème semaine de grossesse ou même plus tôt. Pour les initiants les progrès de la néonatalogie, qui permettent à de grands prématurés de survivre sans séquelles, justifient cette interdiction. 
«Nous sommes venues ce soir pour protéger nos droits et rappeler que nos corps nous appartiennent», explique Jusine Telley, étudiante. «Nous seront particulièrement vigilants ces prochains temps afin de protéger notre droit à l’avortement», assure le collectif Grève féministe Fribourg. 

Pour les deux textes, la récolte des signatures est prévue jusqu’en juin 2023, de quoi alimenter d’ici là, les débats.
 

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